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3e arrondissement, Paris
Paris

3e arrondissement

Entre enclos des Templiers, hôtels particuliers et marché séculaire, un quartier où l'histoire se vit chaque jour.
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À découvrir : Arts-et-Métiers · Enfants-Rouges · Archives · Sainte-Avoye · Temple

Entre les grands boulevards et le cœur historique du Marais, le 3e arrondissement déploie un urbanisme précieux, façonné par les Templiers, les princes du Grand Siècle et les artisans qui ont fait sa réputation. Ici, chaque rue raconte huit siècles d'histoire : commanderie médiévale, hôtels aristocratiques, marché ancestral, ateliers du faubourg et galeries contemporaines se répondent avec une élégance discrète, à l'échelle d'un village où il fait bon vivre.

Des Templiers au village médiéval

L'histoire du quartier commence hors les murs de Paris, au XIIe siècle, lorsque les chevaliers du Temple y installent leur enclos fortifié : une véritable ville dans la ville, dotée de sa propre justice, de son donjon et de son église, Sainte-Marie-du-Temple. Devenus banquiers des rois de France autant que défenseurs de la chrétienté, les Templiers font de leur enclave un lieu privilégié, à l'abri des taxes et des jurandes parisiennes, où s'installent volontiers artisans et débiteurs en quête de franchise.

Après la dissolution de l'ordre en 1312, le domaine passe aux chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, futurs chevaliers de Malte, qui en conservent l'esprit d'autonomie pendant plusieurs siècles, jusqu'à devenir un bourg à part entière, distinct de la capitale et rattaché à elle seulement au XVIIIe siècle. Tout autour, se développe dès le Moyen Âge la paroisse Sainte-Avoye, dont le nom rappelle les reliques de sainte Avoye rapportées à Paris et vénérées dans une petite chapelle de la rue du même nom, aujourd'hui absorbée par la rue du Temple. Ruelles étroites, couvents et petites échoppes composent alors un tissu urbain dense et populaire, préfigurant l'esprit de village que le quartier n'a jamais tout à fait perdu.

Le siècle d'or des hôtels particuliers

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la noblesse fait du Marais son adresse de prédilection. Pierre-Alexis Delamair élève l'hôtel de Soubise entre 1705 et 1709 pour le prince et la princesse de Soubise, sur l'emplacement de l'ancien hôtel de Clisson dont la porte fortifiée du XIVe siècle subsiste encore rue des Archives. Il construit également, à quelques pas, l'hôtel de Rohan pour le cardinal de Rohan-Soubise, orné de ses célèbres chevaux du Soleil sculptés au-dessus des anciennes écuries. Ces deux hôtels abritent aujourd'hui les Archives nationales, gardiennes des grands actes de l'histoire de France.

Non loin, l'hôtel Carnavalet, bâti au milieu du XVIe siècle et remanié plus tard par François Mansart, accueille de 1677 à 1696 la marquise de Sévigné, qui y rédige une partie de sa célèbre correspondance, avant de devenir en 1880 le musée qui raconte l'histoire de Paris. En 1794, à l'initiative de l'abbé Grégoire, le Conservatoire national des arts et métiers s'installe dans l'ancien prieuré de Saint-Martin-des-Champs, dont subsistent l'église médiévale et le réfectoire gothique, ajoutant au quartier une vocation savante et technique qui ne l'a jamais quittée depuis.

Un marché séculaire et des heures révolutionnaires

En 1615, sous Louis XIII, s'ouvre le marché des Enfants-Rouges, sur le terrain d'un hospice fondé en 1536 par Marguerite de Navarre pour des orphelins vêtus de rouge, couleur de la charité de l'époque. Toujours en activité, il demeure le plus ancien marché couvert de Paris, fidèle témoin d'une vie de quartier faite de petits commerces et de rencontres quotidiennes.

La Révolution laisse elle aussi une empreinte profonde : la tour du Temple, ancien donjon des chevaliers, sert de prison à Louis XVI, Marie-Antoinette et leurs enfants en 1792 et 1793. Craignant qu'elle ne devienne un lieu de pèlerinage royaliste, Napoléon la fait raser en 1808. Sous le Second Empire, le square du Temple est aménagé sur cet emplacement chargé d'histoire, offrant au quartier l'un de ses premiers grands espaces verts publics.

De l'atelier à la galerie

Aux XIXe et XXe siècles, le quartier devient un foyer d'artisanat : textile, confection, bijouterie et maroquinerie animent ses cours et ses ateliers, tandis que la rue du Temple s'impose comme un axe commerçant très actif, prolongeant vers le nord l'effervescence du Sentier tout proche. Cette vocation manufacturière laisse encore aujourd'hui son empreinte dans l'architecture si particulière des cours intérieures, des passages couverts et des ateliers en rez-de-cour.

À partir des années 1990, sans renier ce passé d'artisans, le Haut-Marais se réinvente : galeries d'art contemporain s'installent rue de Turenne, rue Charlot et rue Debelleyme, tandis que créateurs de mode et boutiques indépendantes redessinent peu à peu son visage. Cette mutation s'opère en douceur, sur la trame ancienne des rues et des cours, sans jamais renier l'échelle intime héritée des siècles précédents.

Un art de vivre à taille de village

Aujourd'hui, le 3e arrondissement conserve cette rare alliance : la densité patrimoniale d'un quartier historique et la douceur d'une vie de proximité. On y flâne du marché des Enfants-Rouges aux façades classées de la rue des Archives, en passant par le square du Temple, entre cafés discrets, jardins secrets et boutiques d'exception qui font vivre chaque rue au fil de la journée.

C'est cette élégance sans ostentation, faite de pierre ancienne et d'usages contemporains, qui séduit ceux qui cherchent à Paris un lieu de vie à l'échelle humaine, où le raffinement se conjugue avec l'authenticité d'un quartier resté fidèle à lui-même, entre mémoire des Templiers et effervescence tranquille du Marais d'aujourd'hui.

Repères
  • XIIe siècleLes Templiers installent leur enclos fortifié hors les murs.
  • 1536Marguerite de Navarre fonde l'hospice des Enfants-Rouges.
  • 1615Ouverture du marché des Enfants-Rouges, doyen des marchés parisiens.
  • 1705-1709Delamair édifie l'hôtel de Soubise pour les princes de Soubise.
  • 1792-1793Louis XVI et sa famille emprisonnés à la tour du Temple.
  • 1808Napoléon ordonne la démolition de la tour du Temple.
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