AccueilNos destinationsCannesLa Californie
Emplacement photo — remplacez par votre visuel du La Californie
La Californie, Cannes
Cannes · Côte d'Azur

La Californie

Entre villas Belle Époque, coupoles orthodoxes et jardins suspendus sur la baie, l'histoire d'un quartier façonné par l'aristocratie européenne.
© Votre crédit photo

À découvrir : Église orthodoxe Saint-Michel-Archange · Château Scott · Villa La Californie · Villa Domergue · Boulevard Alexandre-III

À l'est de la Croisette, la colline de La Californie domine la baie de Cannes de ses jardins en terrasses. Dès le milieu du XIXe siècle, aristocrates anglais et russes y firent édifier villas et « châteaux » aux styles éclectiques, attirés par la douceur hivernale et la vue infinie sur le large. Devenue la « petite Russie » cannoise, elle demeure aujourd'hui l'un des quartiers résidentiels les plus recherchés de la ville, entre mémoire et art de vivre.

Une colline vierge offerte au soleil couchant

Avant le milieu du XIXe siècle, la colline qui borde aujourd'hui le boulevard Alexandre-III n'est qu'un flanc broussailleux planté d'oliviers, à l'écart du petit port de pêcheurs. Tout bascule en 1834 lorsque Lord Brougham découvre Cannes et lance la vogue de la villégiature hivernale ; les Anglais fortunés, bientôt suivis par la noblesse russe, cherchent alors des terrains en hauteur, à l'abri du mistral et face au large.

C'est ainsi qu'en 1849, Eugène Tripet, consul de France à Moscou, et son épouse Alexandra Feodorovna Skrypitzine font édifier la villa Alexandra sur les pentes de la colline : la toute première résidence de villégiature de ce qui n'est pas encore nommé La Californie. Le couple, arrivé par hasard après un accident de voiture en 1848, devient le meilleur ambassadeur de la région auprès de ses relations russes, amorçant un mouvement qui ne cessera de croître.

Villas anglaises et « châteaux » de rêve

Le nom du quartier lui vient d'un établissement : l'hôtel de la Californie, ouvert en 1876 sur l'actuel boulevard du Roi-Albert-Ier, qui accueille une clientèle internationale éblouie par le panorama. Dans son sillage, la colline se couvre de demeures somptueuses. Entre 1868 et 1872, l'architecte londonien Thomas Smith élève pour un certain Mr Scott le château Scott, silhouette néo-gothique anglaise à la tour carrée et aux volumes savamment disparates, qui évoque un château bâti « pièce par pièce » au fil des siècles. Ces années sont celles de l'âge d'or cannois : têtes couronnées et grandes fortunes d'Europe hivernent sur la Croisette, tandis que La Californie, plus retirée, devient le refuge discret de cette société en quête de calme, de soleil et de panoramas sur la baie.

La demeure change de mains et devient la propriété de Lord Wolverton, qui y reçoit en 1883 nul autre que William Gladstone, alors Premier ministre de Grande-Bretagne — signe du prestige déjà acquis par la colline. Autour du château Scott, d'autres villas et parcs arborés se multiplient, dessinant peu à peu ce paysage de pins, de palmiers et de façades éclectiques qui fait aujourd'hui la signature du quartier.

La petite Russie de la Belle Époque

Si les Anglais donnent le ton, ce sont les Russes qui font de La Californie leur fief, au point que les Cannois surnomment bientôt la colline la « petite Russie », en écho au « quartier anglais » de la Croix-des-Gardes voisine. La colonie, forte d'environ 150 personnes en 1880, dépasse les 800 âmes au tournant du siècle : grands-ducs, princesses et diplomates y passent l'hiver, dans des villas parfois copiées sur leurs datchas.

Cette communauté fait bâtir, entre 1894 et 1896, l'église orthodoxe Saint-Michel-Archange, conçue par l'architecte Louis Nouveau dans la tradition des sanctuaires en croix grecque précédés d'un clocher-porche, et généreusement financée par le grand-duc Michel Mikhaïlovitch. Consacrée en 1896, elle demeure, avec ses bulbes dorés dominant les frondaisons, l'un des témoignages les plus émouvants de cette présence russe qui a façonné l'âme du quartier.

Le siècle de Picasso et des mutations

Le XXe siècle bouleverse la physionomie tranquille de la colline. En 1920 s'achève la construction de la villa Fénelon, qu'un certain Pablo Picasso rachète en 1955 sous le nom de villa La Californie. L'artiste y installe son atelier, peint depuis ses vastes baies vitrées la baie de Cannes en 1958, avant de la quitter en 1961 lorsqu'un immeuble voisin vient obstruer sa vue sur la mer — un épisode qui, à lui seul, résume les tensions entre préservation et urbanisation qui traversent alors la colline.

Le peintre Jean-Gabriel Domergue s'installe lui aussi non loin, dans sa villa aux inspirations Art déco. Peu à peu, certaines grandes propriétés se morcellent ou se transforment en copropriétés de standing — le château Scott lui-même devient, dans les années 1960, un ensemble résidentiel prisé — tandis que d'autres villas historiques, elles, résistent intactes au temps, protégées par leurs murs de pierre et leurs jardins centenaires.

Une adresse d'exception, entre mémoire et douceur de vivre

Aujourd'hui, La Californie compte parmi les quartiers résidentiels les plus recherchés de Cannes. À quelques minutes à pied de la Croisette et du Palm Beach, elle offre ce que peu d'adresses azuréennes réunissent encore : le calme d'une colline verdoyante, des vues dégagées sur la baie et les îles de Lérins, et un patrimoine architectural d'une rare densité — villas Belle Époque, jardins à l'italienne, façades néo-classiques ou néo-gothiques qui racontent, à chaque détour de rue, un siècle et demi d'histoire, entretenu avec le même soin que les jardins luxuriants qui l'enveloppent.

Vivre à La Californie, c'est habiter un lieu où l'histoire ne s'est jamais figée : celle des premiers hivernants, des grands-ducs et des peintres continue de dialoguer avec les résidences contemporaines qui se glissent aujourd'hui entre les pins. Un quartier de caractère, au sens propre, où chaque demeure porte encore la trace de ceux qui, les premiers, ont choisi cette colline pour y regarder le soleil se coucher sur la baie de Cannes.

Repères
  • 1849Eugène Tripet fait bâtir la villa Alexandra, première résidence de villégiature.
  • 1868-1872Construction du château Scott par l'architecte londonien Thomas Smith.
  • 1876L'hôtel de la Californie, tout juste ouvert, donne son nom au quartier.
  • 1883Le Premier ministre britannique Gladstone séjourne au château Scott.
  • 1894-1896Édification puis consécration de l'église orthodoxe Saint-Michel-Archange.
  • 1955-1961Pablo Picasso installe son atelier à la villa La Californie.
Maison Muller

Envie de vivre dans La Californie ?

Nous connaissons ce quartier et ses adresses. Confiez-nous votre projet, à l'achat comme à la vente.

Nous contacter
Autres quartiers · Cannes